Les peintures de Marie-Hélène Fabra campent entre réalisme et onirisme, entre le merveilleux et le pathétique, il y a chez elle une intelligence à altérer la réalité de ses personnages et de ses paysages tout en les maintenant dans une proximité à notre monde. C’est comme une Alice qui croiserait Walt Disney et Böcklin, Goya et la fête foraine. Sa peinture donne à voir des espaces lisières : entre représentation et invention, entre rêve et cauchemar, comme un rire qui rehausserait les noires passions du monde. À propos de ses peintures récentes, elle note : mon atelier est entre la cité du labyrinthe et le passage. Mon Plaisir : c’est exactement l’emplacement de mes tableaux. Le tragique prend ici l’apparence du grotesque qui donne à voir des images qui seraient comme les mouvements filmés ou rêvés de vies et de fictions. Un univers où les frontières se troublent et s’indéfinissent. Le kitsch et le sublime sont contigus, et sous le merveilleux, le démoniaque affleure. Philippe Cyroulnik, Visions, Centre d’art contemporain le 19 novembre 2008
