Les meilleurs artistes de la scène française

Dante I

Marie Lepetit

1 200 €

Année : 2016

Génération d'artistes : Nés dans les années 50

Catégorie : Dessin

Technique : Graphite sur papier

Dimension : 28.4 cm x 42 cm

Dans La Divine Comédie, des trois cantiques, le Paradis est le plus indicible. En Enfer et au Purgatoire, les équivalents terrestres offrent des repères qui permettent de suivre le voyage dans l’au-delà que Dante effectue, tandis qu’au Paradis, nous pénétrons dans une dimension qui dépasse les lois de la représentation, spatiale ou temporelle. Les pieds ne touchent plus terre et Dante vole de sphère en sphère en compagnie de Béatrice jusqu’à atteindre, au chant XXXIII, le centre incandescent de la divinité. Dès le chant I, Dante avertit son lecteur qu’il a vu des choses qu’on ne sait ni ne peut redire et qu’on ne peut outrepasser l’humain (trasumanar) par des mots. Pourtant, toute l’entreprise paradisiaque va consister à figurer l’infigurable, comme les peintres de la Renaissance italienne auront humanisé le divin, l’histoire sainte, les hiérarchies angéliques. Après qu’il a franchi les sept premiers ciels (les ciels de la Lune, de Mercure, de Vénus, du Soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne), Dante  « saute » dans le Ciel des étoiles fixes, et avant de s’abîmer dans l’Empyrée (le dixième et dernier Ciel du Paradis), il a la vision aveuglante dans le Premier Mobile (ou Cristallin), au chant XXVIII, de neuf cercles de feu qui tournent autour d’un point lumineux. « Je vis un point irradiant une lumière si aiguë que le regard qu’il brûle doit se fermer à son éclat trop vif… » Parfois, ce qu’on ressent ne peut être relaté de manière figurative. On doit fermer les yeux pour qu’ils s’ouvrent. L’abstraction est plus à même de traduire l’expérience intérieure de notre vision. Un point, des lignes, des cercles, d’autres points, avec des lignes et des cercles, toute une féérie de couleurs irradiant une lumière aveuglante… Nous sommes transportés, métaphoriquement. « Sur de grands métiers de pierre, les tissus teints en pourpre de mer… » (Homère). Il n’y a plus d’analogie ou de comparaison. On quitte l’ordre de la description. On échappe à la temporalité des soucis et des ennuis mortels. On vogue dans un espace propre à la création artistique. « Entre on n’y voit rien (Arasse) et le fait de laisser du temps à la vision de voir. Faire remonter par le temps cette patience de la vue », commente Marie Lepetit. Jean-Pierre Ferrini

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Marie Lepetit

Marie Lepetit

Marie Lepetit vit et travaille à Paris.
Le terme « abstraction » à propos de la peinture de Marie Lepetit n’est peut-être pas celui qui convient. À cette question, Marie Lepetit répond qu’elle ne se sent pas abstraite, mais concrète, qu’elle cherche à résoudre des problèmes concrets. Pour elle, les rythmes sont liés à notre rythme cardiaque, notre respiration. Elle ajoute que son travail est corporel, que la préparation des toiles est physique, qu’elle se prépare physiquement en préparant les toiles pour se mettre en mouvement. « C’est au cœur de cette concentration que tout démarre », précise-t-elle. Au départ, elle évoluait dans un espace très minimaliste, des formes géométriques, travaillant dans le sillage notamment de Martin Barré. Ces formes sont devenues des lignes et puis sont arrivées les équerres, des équerres de taille variable que Marie Lepetit déplaçait permettant de créer un réseau tridimensionnel de lignes, des étoilements. Et puis, un jour, il y a quelques années maintenant, elle vit un point… Elle vit à l’angle des équerres un point, une sorte de levier d’Archimède, et plutôt que de déplacer les équerres, elle les pivota. Le déplacement devint un pivotement. Les droites, des courbes. Une révolution. Un changement soudain. Une rotation autour d’un axe. Au sens astrologique : le retour périodique d’un astre à un point de son orbite. Les cercles que traçaient en pivotant les équerres générèrent des myriades de points d’intersection et Marie Lepetit se mit à ponctuer chacune de ces intersections, saturant, exaltant la surface de points. Jean-Pierre Ferrini

Expositions
2017 / Atlas of the heavens, Exposition personnelle, ESAD / Amiens, France
2017 / Du compas à l’équerre, Exposition collective, Frac Picardie. / France
2017 / Atlas of the Heavens II, Exposition collective / Tokyo, Japon
2016 / L’éclipse, Exposition personnelle, Galerie Briobox / Paris, France
2016 / Lignées, Exposition collective, musée Eugène Carrière / Gournay sur Marne, France
2016 / True/mirror, Exposition collective, Espace Comines / Paris, France
2016 / Spiral hall, Exposition collective / Tokyo, Japon
2014 / Centre Max Juclier, Exposition personnelle / Villeneuve La Garenne, France
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