Les meilleurs artistes de la scène française

Milky-Way

Wilson Trouvé

8 000 €

Année : 2008

Génération d'artistes : Nés dans les années 80

Catégorie : Installation

Technique : Sommier à lattes peint (noir) et colle thermofusible blanche

Dimension : 188 cm x 138 cm

Wilson Trouvé subvertit donc les notions traditionnelles de peinture et de sculpture, annule la troisième dimension là où elle existe et la crée là où elle fait défaut. Ce processus de déstabilisation par subversion des repères et des catégories traditionnels joue aussi sur les notions de contraction et de dilatation, de débordement contrarié, d’excès. Il y est aussi question de mesure désirée mais contredite par la démesure du geste, de discipline imposée dans un univers de violence… À moins que ce ne soit le contraire : d’ordre compromis par l’entropie du monde. L’intérieur et l’extérieur cessent d’être perçus de façon contradictoire. Wilson Trouvé fait écho au célèbre propos de Breton définissant le surréalisme : « Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement. » Wilson Trouvé reconnaît que son intérêt pour le mouvement cyclique entre le haut et le bas provient d’une réflexion sur le baroque et sur l’organisation du mouvement dans la composition des œuvres nées de ce courant de la peinture, mais aussi de la sculpture et de l’architecture de cette époque. On y trouve aussi, de façon évidente, une sympathie avec les réflexions de Duchamp sur l’« inframince ».

Il y a ainsi, chez Wilson Trouvé, une démarche qui s’apparente à la déconstruction telle qu’initialement formulée par Heidegger : « Cette tâche, nous la comprenons comme la destruction, s’accomplissant au fil conducteur de la question de l’être, du fonds traditionnel de l’ontologie antique. » Destruction immédiatement suivie d’une reconstruction, réhabilitant une pratique picturale longtemps vilipendée, puis retrouvée et adoptée au risque de flirter dangereusement – mais non sans délectation – avec les frontières du baroque ou du kitsch… D’où cette sensation constante, pour l’observateur des œuvres de Wilson Trouvé, d’être perpétuellement ballotté entre stabilité et instabilité, entre subjectif et objectif, entre effusion incontrôlée et retrait réflexif…

La structure orthogonale, plus ou moins lisible mais toujours sous-jacente, dans toutes les œuvres de Wilson Trouvé, renoue avec les modèles de Carl André ou de Donald Judd, mais elle est contredite, contrecarrée, contrebalancée, chahutée, contestée par la gestualité d’un Pollock qui les aurait fait passer par le traitement de ses drippings.

Louis Doucet, 2008

 

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Wilson Trouvé

Wilson Trouvé

Wilson Trouvé est né en 1980. Diplômé du DNSEP (Master) en Art, Villa Arson (Ecole Nationale Supérieure d'Art de Nice) en juin 2013 et du DNAP Art, Ecole Régionale des Beaux-Arts de Rennes en 2001, il vit et travaille à Bruxelles.

Quand nous voyons les volumes de couleurs de Wilson Trouvé, nous sommes d’abord frappés par la méticulosité de leur réalisation. Comme Mezzapelle, il emploie les techniques et les matériaux les plus récents, même s’il revient constamment à la terre, comme le premier retourne au plâtre ou au bois. Certains de ses volumes muraux évoquent d’ailleurs des éléments technologiques : tableaux de bord, plaques informatiques ou énormes jeux de légos. Cependant, ce qui apparaît comme un leitmotiv chez lui, c’est la coulure, comme si toutes ces matières produisaient de l’excès et que cet excès créait un débordement. La coulure, nous en avons parlé avec Anita Molinero et ses matières en fusion précédant ou suivant la catastrophe, en tout cas jamais loin d’elle. Mais chez Trouvé, la coulure ne transporte aucune violence et l’excès n’a rien de grinçant ni d’agressif. Ce sont des éléments de gourmandise sans arrière-pensée, une jouissance entière. Peut-être est-ce ce terme de biscuit appartenant au céramiste qui nous fait entrer dans la pâtisserie ? L’étonnant réside dans cette revendication pleine et entière d’un territoire où s’ébattre dans un plaisir sans interdit. Il ne s’agit pas que du plaisir de la matière mais aussi celui des objets, comme ce service à café aux liquides débordants. Briser, c’est apporter un élément décoratif supplémentaire, salir, c’est embellir. Ces sont des brisures et des salissures aménagées, dont l’espace transgressif est mesuré, comme si le terrain de récréation où se rouler dans la poussière était attenant à un monde corseté ou trop impeccablement tenu. Ce trash millimétré reflète tout un plaisir du dévergondage, de l’espace de liberté adolescent. Frédéric Vallabrègue, 2010

 

Expositions
2016 / Nopoto -10ans, exposition collective de 140 artistes, La Couleuvre / Saint-Ouen, France
2015 / Accroches, avec Jonathan de Winter et Olivier Pé, Space Collection / Liège, Belgique
2015 / Ceramic Event VII, Exposition collective / Bruxelles, Belgique
2015 / Rien d’autre en face que le pur espace, Galerie Isabelle Gounod / Paris, France
2014 / Bourse Révélation Emerige, 12 finalistes exposants, Villa Emerige / Paris, France
2014 / 30/30 Image Archive Project, group show, SNO / Sydney, Australia
2013 / Exposition personnelle, Galerie des anciens bains-douches (hors-les-murs du Centre d’art de Kerguéhennec) / Pontivy, France
2012 / Exposition personnelle, Galerie AL/MA / Montpellier, France
2010 / Exposition personnelle, Crossover, Galerie Porte-Avion / Marseille, France
2009 / Exposition personnelle, Impasto, Galerie Isabelle Gounod / Paris, France
2008 / Exposition personnelle, Galerie du Haut-Pavé / Paris, France
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